Graeme Cole

Graeme Cole
Graeme Cole
A la fois artiste et cinéaste, le travail de Graeme Cole enjambe les frontières qui séparent le film de cinéma, le film d’artiste et l’art vidéo. Il développe ces projets avec du travail de laboratoire open source, des textes, de la mythologie et à travers son école de film itinérante “Unfound Peoples Videotechnics”. Le travail Graeme Cole célèbre la belle imperfection de l’humanité en intégrant les défauts de notre pensée et les absurdités inhérentes au structures et conventions médiatiques dans l’architecture et l’esthétique de chaque film ou vidéo. En traçant une ligne entre structures de pouvoir, méthodes de médiation de l’information et la nature humaine à l’état brut, il revient sans cesse à la même dichotomie : la nécessité versus l’impossibilité d’être ensemble. Ces thèmes sont explorés avec humour, en désintégrant des figures familières de la pop culture, en jouant joyeusement avec les mots et le langages, en utilisant consciemment des outils commerciaux tout en cultivant une oreille critique et un dévouement total à l’erreur. Graeme Cole vient d’obtenir sa Maîtrise en beaux-arts sous la direction de Belà Tarr à la film.factory (Sarajevo) et va entreprendre une résidence d’artiste EMARE à Bandits-Mages au printemps 2017.
Twitter : @Nanneman
Présentation de la résidence EMAN#EMARE à venir (2017) par Graeme Cole :

Virtualisée, notre culture devient susceptible de s’évaporer par une chaude journée ou d’être emportée par le vent. La décadence est l’évolution naturelle de l’histoire. Un monument de pierres reste vivant même détruits. Son impression demeure en négatif dans la poussière de la mémoire. Que veut-on dire lorsqu’on parle de protéger notre art de vivre (way of life) ? Peut-on le décrire par une bande infinie d’actions et de gestes (avec des périodes de latences) ? Pourrait-on le réduire à une partition chorégraphique, la consigner dans un rouleau et la réanimer ? A quel point sa lecture serait différente si était adaptée par Edvard Munch ou Charles M. Schulz ?

OREILLE UNIVERSELLE est une série d’aventure perdue du futur, qui suit l’héroïque mission de l’ex-postier Harley Byrne : capturer et rendre téléchargeable “toute la musique du monde, de tous temps”1.

Chaque épisode voit Byrne changer d’époque et de lieu et ses efforts pour trouver et enregistrer les musiques les plus rares de l’humanité mis à mal par son ennemie jurée, Being, mystérieuse maîtresse es déguisement.
Les (p)reconstruire comme des aventures de poche inédites, une par une jusqu’à l’infini est devenue ma propre mission.
Inspiré des récents développement en matière de patrimoine virtuel – hologrammes de Bouddhas et de pop stars décédées, répliques imprimées en 3D de vestiges syriens encore chauds – je ferais bien de suivre Harley Byrne dans un Bourges du futur que nous ne connaissons pas encore, un futur dans lequel le présent concret se superpose aux méta-niveaux de réalité augmentée, 3D ou hologramme, un futur qui serait plus de l’ordre de“l’authenticité mixte” que la “réalité mixte”.

Qu’est ce que l’arrière arrière petite fille de l’actuel ministre du patrimoine considérera comme suffisamment important pour être préservé parmi projections en boucles, bagarres de quartier et décapitations, se répétant chaque jour en haute définition et avec une constante bien meilleure que celle de l’éclairage urbain ? Pour quels accomplissements et désastres personnels les curateurs mégalomanes ménageront de l’espace dans les allées et contre-allées d’une ville figée dans le passé par les technologies du futur ? Quels hymnes pourront-être chantés dans les cimetières que nous construirons pour nos assistants personnels virtuels ? Quels cris fractionnés nous parviendront par ces interstices temporelles avec une régularité musicale ?

1 cf. alltheworldsmusicever.com